23.11.2009
Réformette des lycées
Un an et demi pour en arriver là : autrement dit pour accoucher d'une réforme du lycée qui ressemble plus à une série de mesures qu’à la "grande modernisation" annoncée. L’enjeu pour Luc Chatel, minitre de l'Education est de présenter un dispositif suffisamment consensuel pour éviter de nouvelle contestation lycéenne.
- 1/ Parmi les principales nouveautés, les élèves auront deux heures d’«accompagnement individualisé» par semaine, assurées par les enseignants. La forme et le fond demeurent toutefois inconnus : soutien, approfondissement, aide à l’orientation, apprentissage de l’autonomie pour préparer au supérieur ? Il semble que ce soit aux établissements eux-mêmes de les définir...
- 2/ Par ailleurs, les lycéens auront désormais «le droit à l’erreur» et la possibilité de changer de série en cours de première. Pour cela, un tronc commun à toutes les filières est créé avec du français, de l’histoire-géographie, deux langues vivantes, l’éducation physique et civique. Des «stages passerelles» seront proposés pendant les vacances pour que le lycéen rattrape les matières qu’il n’a pas suivies - une idée qui laisse sceptique une partie des enseignants ...
- 3/ La nouvelle seconde sera en place dès la rentrée 2010, la première en 2011, la terminale en 2012. Afin de permettre aux élèves de mieux s’orienter, la seconde sera moins spécialisée. Les enseignements de détermination de trois heures par semaine chacun sont remplacés par deux enseignements «d’exploration» d’une heure et demi. Pour le premier, il faudra choisir entre sciences économiques et sociales (l’actuel SES) et économie appliquée et gestion. «Au moins une fois dans leur vie, tous les élèves doivent avoir été sensibilisés à l’économie», a souligné Luc Chatel. Pour le second, les lycéens choisiront entre sciences de l’ingénieur, biotechnologies, arts, etc.
- 4/ Enfin, pour revaloriser la série littéraire, de plus en plus désertée, les moyens paraissent bien modestes. En terminale, un nouvel enseignement de spécialisation - droit et grands enjeux du monde contemporain - est censé ouvrir davantage de débouchés. Pour que la série L devienne une «série internationale», comme le voudrait Nicolas Sarkozy, les lycéens auront droit à un enseignement de littérature étrangère dans la langue.
- 5/ Et, l'orientation ???
21:24 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.11.2009
Le monde merveilleux de l'entreprise !
L'univers de l'entreprise dessiné par Voutch est peuplé de patrons tyranniques, d'employés résignés, d'assistantes goguenardes, de stagiaires désabusés et de petits chefs survoltés. Un monde implacable où le rapport de force est la règle et que Voutch observe avec son indulgence habituelle (c'est-à-dire très faible) et son goût (très prononcé, en revanche) pour les répliques idiotes et les situations totalement absurdes ...
Hé, hé, hé, en voilà un cadeau qui irait bien dans ma bibli ...
Pour celles et ceux qui ne se lassent pas de ces illustrations soignées et de cet humour décapant : un p'tit bonus : ICI
15:41 Publié dans Travail | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.11.2009
L'emploi des personnes handicapées
La semaine pour l'emploi des personnes handicapées c’est : maintenant ! Les entreprises sont toujours loin d'atteindre le quota de 6% de travailleurs handicapés et certaines pourraient être lourdement sanctionnées à partir de 2010.
En 2007, les entreprises privées employaient moins de 2,5% de personnes handicapées tandis que le taux s'élevait à près de 4,4% dans la fonction publique au 1er janvier 2008. Près de cinq ans après la loi sur le handicap, les entreprises d'au moins 20 salariés sont toujours loin d'atteindre le quota de 6% de travailleurs handicapés.
Depuis la loi «Handicap» de 2005 les sanctions contre les employeurs, qui ne respectent pas leur obligation d'embaucher un certain nombre de salariés handicapés ou n'ont engagé aucune action en ce sens, sont lourdes : entre 400 et 600 fois le SMIC horaire maximum par travailleur handicapé non employé.
Pour y échapper, les entreprises peuvent signer des accords spécifiques avec les syndicats illustrant leur bonne volonté en matière de recrutements, de formation, d'accessibilité.
Deux organisations sont chargées de gérer les sommes provenant des pénalités: l'Agefiph pour le secteur privé et le Fonds pour l'Insertion des Personnes handicapées dans la Fonction publique (FIPHFP) pour le secteur public.
A partir de début 2010, les entreprises qui n'auront engagé aucune action, même minime, en faveur des personnes handicapées verront leurs sanctions multipliées par trois. Ces dernières pourront atteindre 1.500 fois le SMIC horaire, soit près de 13.000 euros par travailleur handicapé manquant.
Selon Pierre Blanc, directeur général de l'Agefiph, environ 6.000 entreprises, sur les 126.000 concernées par l'obligation d'emploi de travailleurs handicapés, devraient tomber sous le coup des sanctions.
Interrogé par Libération.fr, Emmanuel Constans, président de l'Association pour l'insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées (ADAPT), estime pour sa part que les petites entreprises sont bloquées par un «frein psychologique». «A la différence des grands groupes, certaines petites entreprises n'ont pas d'expérience dans ce domaine, elles craignent des charges supplémentaires, alors que l'expérience prouve que passé le premier pas, les entreprises sont satisfaites de leur démarche» ajoute-t-il. Et, «paradoxalement, la majorité des travailleurs handicapés sont employés par des PME», selon le président de l'ADAPT.
Source AFP : libération.fr du 16/11/09
23:31 Publié dans Travail | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
09.11.2009
Pour une re-conquête du bonheur à travailler ensemble
"Pour remettre à l'endroit ce que le libéralisme fait fonctionner à l'envers ???"
C'est le point de vue de : Jean-Marie KNEIB, Docteur en mathématiques, Psychologue du travail CNAM, Contributeur de la Fondation Copernic (extraits des propos recueillis par Elsa Fayner : article dans son intégralité : ICI)
J-M KNEIB : "Dans les débats actuels, il convient de déconstruire toute une série d’arguments –quand on en connaît un on les connaît tous dont la fausseté se démontre aisément en s’appuyant sur les faits du travail (pour un argumentaire détaillé on pourra se référer au livre de Christophe Dejours et Florence Bègue). En jetant le doute dans l’esprit du public, ils rendent plus difficile la compréhension des liens entre le travail et la santé et par conséquent la nécessaire transformation des représentations sociales du travail. Il s’agit d’affirmations à l’emporte pièce du type :
- Il y a le bon et le mauvais stress. Le bon serait principe de vie.
- Il n’y a pas plus de suicides sur le lieu de travail que dans la société en général.
- Il y a des salariés fragiles dont les problèmes personnels entraîneraient dépressions et autres décompensations.
Ce corpus argumentaire ne repose pas sur des résultats scientifiques. Il s’écroule à l’épreuve des faits. Il répond à une logique aux arrière-pensées stratégiques : nier le lien entre l’organisation du travail et la santé. Pour des raisons différentes, cette dénégation provient tant des entreprises que de beaucoup de salariés eux-mêmes.
Les salariés qui se suicident au travail nous apprennent que quelque chose du collectif de travail est altéré, abîmé, cassé. Il ne s’agit pas de refaire les erreurs du passé. La loi sur le harcèlement moral, individualiste sur le fond, n’a rien résolu. La situation s’est même aggravée. Avec la notion de risques psychosociaux (souvent savamment intriquée avec celle du stress dont l’idéologie tend à individualiser le problème), le risque est le même. En ce qui concerne la prévention des risques psychosociaux , il est illusoire, si ce n’est fallacieux, voire nuisible de préconiser :
[ => S. Aumaître : "Je tempère en mon nom, qu'il est certes illusoire voire fallacieux de ne préconiser QUE des mesures centrées sur l'individu car à mon sens si elles ont un intérêt réel d'offrir un espace préservé d'écoute, d'aide à la distanciation, à la restauration narcissique, à la reconquête du "pouvoir d'agir", elles ne traitent pas, de front, ce qui a généré ces "risques psychosociaux". Par là, ces mesures participent (malgré elles ?) au déni de l'étiologie des pathologies du travail à savoir une organisation du travail (des modes de management, mais pas seulement !) désastreuse qui, de fait, continuera à "broyer" d'autres individualités, au gré du turn over ..."]
- l’ « aide aux individus" à gérer plus efficacement les exigences et contraintes du travail en améliorant leurs stratégies d’adaptation aux sources de stress ou en renforçant leur résistance au stress en soulageant les symptômes associés au stress ;
- la formation les individus à développer des compétences spécifiques à mieux gérer divers types de situations de stress (gestion du temps, des conflits, de l’agressivité, développement de l’intelligence émotionnelle, restructuration cognitive etc.) ou à développer des capacités psychologiques (contrôle des émotions, attitudes mentales efficaces) ;
- la possibilité de pratiques de relaxation, d’exercices physiques ou de la sieste au sein de l’entreprise ; l’amélioration de l’hygiène de vie afin d’accroître la résistance de l’organisme au stress (activités sportives, éducation nutritionnelle, programme d’aide au sevrage tabagique ou alcoolique, etc.) ;
- des numéros d’appel d’aide et de soutien aux salariés.
Ne faisons pas nôtres ces préconisations mais, à la lumière des connaissances accumulées depuis quelques décennies par la psychodynamique du travail, commençons à réfléchir à ce qui dans l’organisation du travail déstructure les collectifs, conduit à l’isolement, entrave les possibilités de reconnaissance du travail. Ce faisant, très vite nous devrons mettre en cause l’évaluation individualisée des performances, faire la critique de l’idéologie des normes qualité qui obligent le salarié à mentir dans son rapport avec le réel de son travail, considérer les dégâts induits sur ceux que l’on oblige à mal travailler sous couvert de productivité.
- Dans les situations dégradés, il conviendra d’essayer de comprendre ce qui du travail a pu produire cette situation. Afin de dégager des pistes d’amélioration lorsque cela est possible, il faudra privilégier les discussions collectives sur le travail sans pour autant nuire aux salariés. Rédiger des questionnaires, faire des statistiques, demander des auto-évaluations de stress aux salariés, ne rétablira pas le « bien travailler » ensemble. En ce qui concerne les salariés malades du travail plutôt que des chèques « psy », il faudra proposer des consultations Souffrance au travail qui en remontant aux causes organisationnelles de la dégradation de leur santé leur permettront d’avoir accès au sens de ce qui leur arrive.
- En amont, il faut transformer les représentations sociales concernant le travail, redonner ses lettres de noblesse à la subjectivité, replacer le travail à sa place centrale dans la construction de la santé, des rapports sociaux et du débat politique. Ceci ne s’improvise pas et nécessite simultanément de se former, d’agir sur le terrain et d‘intervenir dans l’espace public. S’il s’agit de se former pour pouvoir « donner forme » aux faits du travail ce n’est pas pour alimenter le fantasme de solutions « pratico-pratiques » du genre comment détecter quelqu’un qui risque de se suicider mais pour, à l’aune de ce savoir théorique et clinique penser l’action collective de prévention des risques organisationnels du travail. Par exemple, se former à la compréhension des situations de travail n’est pas une part anecdotique du travail syndical. En tant que pré-requis de l’action cela en est même une raison d’être. En s’appuyant sur leurs propres terrains, les appareils syndicaux, les organismes mutualistes de santé et autres institutions dont l’objet est la santé, auraient un rôle à jouer dans l’évolution des représentations sociales du travail. Ils pourraient ainsi contribuer significativement à l’amélioration de la situation.
- Il faudrait que le dispositif législatif et réglementaire favorise cette revalorisation du travail en tant qu’essentiellement ancré dans la subjectivité. Il s’agit de se mettre au travail pour remettre à l’endroit ce que l’organisation moderne du travail à mis à l’envers dans les représentations que nous avons du travail. Malgré la difficulté, la tâche est passionnante car en fin de compte cela revient ni plus ni moins qu’à redécouvrir collectivement le bonheur de travailler ensemble."
09:21 Publié dans Travail | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.11.2009
C'est vendredi ... Amuse la compagnie !
20:30 Publié dans Travail | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note







